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Après l'énorme succès du manga d'Harold Sakuishi, Beck se voyait logiquement adapté au format télévisuel pour retracer l'aventure homérique du groupe nippon en route vers la gloire musicale mondiale. Beaucoup d'attente et forcément quelques déceptions concernant cette adaptation pas totalement fidèle. En effet, développer plus de 20 tomes en 26 épisodes paraissait un peu juste et les coupes dans le scénario original ont été sévères, créant parfois des enchaînements litigieux et des moments de silence assez incompréhensibles. Cependant, la série garde une partie de l'aura développée dans le manga en partie grâce à des personnages secondaires plus que sympathiques.


Rock'n'roll baby, yeah !

A 14 ans, la vie de Yukio (alias Koyuki) semblait être dans l'impasse... Jusqu'au jour où... en sauvant un chien, il rencontre Ryûsuke. Ce jeune adepte du rock, rebelle et libertaire, débarque tout fraîchement des « States ». Il prend en amitié Koyuki et l'initie au son rock en lui donnant une vieille guitare. Fini la tiédeur des idoles pop pour le néo guitariste mais passer du statut d'adolescent incolore à la rebelle attitude n'est pas forcément dans ses cordes si ce n'est qu'il possède un talent jusque là ignoré : une voix exceptionnelle qui va faire de Koyuki un membre à part entière du groupe de Ryûsuke : Beck.

Koyuki passe pour une victime mais son statut d'autodidacte de la guitare lui confrère une sympathie légitime. Chaque membre du groupe Beck possède sa propre singularité et personnalité sans pour autant tomber dans le stéréotype. L'intrigue prend rapidement forme, oubliant plusieurs passages du manga pour se concentrer très vite sur la formation du quintet et de son succès mondial. Du gueulard Chiba au calme Ryûsuke, les personnalités de Beck forment un tout hétéroclite, mélangeant aussi les genres dans les musiques. Les références sont multiples : de Jimi Hendrix à Rage Against the Machine sans oublier autre Beatles ou Stones, assez solidement ancré dans le rock mais ouvert à d'autres styles aussi comme le prouve le nom du groupe. Forcément, en tant que shônen d'origine, une ébauche d'histoire de coeur apparaît avec un trio Koyuki/Maho/Izumi assez classique. Beck prend un contexte profondément installé dans la réalité la plus commune d'une banlieue japonaise et le spectateur suit l'évolution pas à pas de Koyuki dans son apprentissage de guitariste fan des Dying Breed mais aussi du reste de sa vie de collégien dans les tréfonds de l'anonymat...

En route pour la gloire !

Cependant, l'intrigue de Beck est positive et montre qu'une passion quelle qu'elle soit permet d'évoluer vers de nouveaux horizons inexplorés. Koyuki va apprendre à se battre, à ne plus encaisser, à devenir un homme sans pour autant tomber dans les stéréotypes du shônen, c'est-à-dire sans utiliser sa tête. Plutôt intelligente l'intrigue n'en est pas pour autant exceptionnelle et bien souvent le spectateur retombe en terrain connu. L'humour donne une contenance à l'anime avec Saitô, professeur de natation et de guitare aux antipodes de tout norme traditionnelle.

La réalisation manque de punch, les plans fixes où les personnages se regardent dans le blanc des yeux devient parfois gravissime au point de mettre le spectateur mal à l'aise, à se demander ce qui peut bien se passer. L'autre problème est inhérent au manga avec un chara design pas forcément très attrayant et qui, ô surprise, ressort un tout petit peu mieux en anime sans pour autant atteindre des sommets. A l'inverse, les instruments sont toujours aussi somptueux même si pour le cas, la préférence va au manga. L'animation est correcte en soi sans être exceptionnelle et finalement Beck se regarde sans trop de difficultés.

L'OST était bien évidemment attendu par tous. L'opening assez désagréable rebute et fait craindre le pire l'espace d'un instant concernant l'ensemble des BGM de l'anime. Le tout reste de qualité correcte mais ne surprend pas l'amateur de rock averti. Au niveau de l'interactivité, Kaze propose ses classiques bandes annonces et les réglages audio, tout à fait convenable. Le coffret comprend aussi un porte-clef de la mascotte du groupe, des transferts pour T-shirts ainsi que des booklets explicatifs et des cartes collector. La VO est agréable, tout le contraire de la VF.

Beck pêche par une réalisation moyenne qui ne rend pas justice au manga mais reste suffisamment intéressant pour retranscrire l'aventure d'une formation rock nippone, bien loin de toute insupportable J-Pop. L'anime et le manga ne se ressemblent pas forcément dans l'intégralité des propos au final, même si la trame principale reste semblable. Il reste que Beck reste Beck et que l'amateur saura faire son choix pour entendre ou lire un des rares mangas ayant la musique pour scénario principal...

 

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